Fous De Ball (À Toi P.D.)

Même pas une semaine et j’en ai déjà marre. Depuis l’ouverture de la coupe sottement dite « du monde » même nos amis Poivre et Pernaud semblent à la hauteur de leurs sujets. Fichtre rien à secouer du passage à tribord de l’ami Devos, rien a gratter des amis politiciens qui partent avec notre argent, rien a faire de Washington qui consulte la Corée pour savoir si oui ou non ils méritent une guerre atomique. Et bien non ! Même la messe du dimanche matin est consacrée aux fous de balles.
Ne voulant pas ma fondre avec les masses beuglantes et frénétiques des supporteurs (uniquement en cas de victoire, sinon on n’est pas bourré, c’est moins drôle…) avachis entre une canette à moitié pleine et un verre a moitié vide, j’ai décidé d’éteindre mon recepteur télévisuel dont je n’ai pas encore fait l’acquisition, mais aussi ma dont les ondes subissent elles aussi les dégradantes contorsions manchotes des hordes encaleçonnées sudoripares qui se disputent sur le gazon (P.D. si tu nous regarde…). Bref, je décide d’ouvrir le dernier bastion de ma vie privée : internet. A peine mon renard de feu ouvert (oui j’utilise Firefox, et je vous emmerde, mon attirance pour les animaux très chaud ne regarde que moi), je m’extasie devant la matracage commercial de ma page d’accueil, finalement très proche de celui de TF1. Et là, que ne vois-je donc pas : TOGO 0 – 2 SUISSE ! Mon dieu non ! Jusque dans les plus profondes entrailles de mon personal computer Thierry Rolland me poursuit, ébahit devant la laideur de son sport favori (favori étant synonime de monosensoriel dans le cas présent).
Oui le football est laid ! Quelle harmonie, quelle élégance l’esthète de base pourrait-il bien découvrir dans les trottinements patauds de vingt-deux handicapés velus qui poussent des balles comme on pousse un étron, en ahanant des râles vulgaires de boeufs éteints, insultant un vingt-troisième, lui même handicapé raté ou trop âgé pour courir après le ballon !

Dans ces parisiens très chauds, tout me pousse finalement à rechercher la compagnie des femmes qui sont bien les seules a sembler hors de tout combat. Femmes, comprenant bien entendu les vôtres, bande de sportifs endimanchés, que je ne rechignerais pas à culbuter pendant vous vibrez aux stades.

Benjamin Charles

Photographe, réalisateur, consultant social media & content

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