Intensités

S’il fallait ne garder qu’un moment
De cette descente sur le fleuve amorphe
Gradée par la chaleur océane
Je citerais les couleurs nacrées
Des reflets sur les flots
Arrachés sur les récifs interdits

Et sur ta peau douce j’observais
Glisser l’eau éclaboussée
Par le clapotis de notre barque usée
La lune se reflétait sur la rive
Une tache jaune impressionnant
Impressionniste

Ton œil averti me fixe en contrebas
De l’embarcation de bois fragiles
Nous ressentons ensemble les frissons
De cette soirée aux senteurs fraiches
Peuplée de milliers de colombes
Éblouies par les reflets lumineux
Noyé dans tes pensées diaphanes
Spectacle étonnant et exaltant
Je te vois t’enfoncer au loin
Dans cette mer phosphorescente
Qui engloutit la prose de tes plaintes

L’eau s’écoule sous le poids
De l’écume de nos nerfs langoureux
Ballotés par les délires pernicieux
De la torpeur qui nous gagne
Sur le port au loin qui nous regarde
Luit le phare d’hier

Entre-nous cet espace sidérant
Qui décore l’exquise syntaxe
Croulant sous tes poèmes
Dans cette nuit sans fond je chante
Le parfum de ta douce corole
Crépuscule embaumé par la brume

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Benjamin
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