Bernard

Aujourd’hui me semblait une journée tout à fait banale. Mon réveil sonne à 7H28 puisque je dois me lever à 7H30, le petit déjeuner fume quand j’arrive à table. Ca sent bon le croissant chaud. Voulant changer les habitudes, je décide de prendre une tartine à la groseille au lieu de la fraise. La matinée se passe sans encombre. J’irai même presque jusqu’à dire que ça allait bien. Puis soudain… Enfin soudain, comme dirait mon ami P.D., il n’y a aucune trace de soudaineté dans ‘l’action qui va suivre, il s’agit simplement d’un procédé à peine honnête destiné à capté votre attention tellement ce qui va suivre est lamentable de non transcendance. Bref. Soudain quand même, j’entendis une petite atteignant péniblement les 6000Hz auxquels je suis hyperacoustique : celle d’un enfant aussi banal que petit. « Hé Bernard ». Mes muscles se raidirent d’un coup. Etait-ce là le sort que me réservait a vie ce jour que de me faire appeler « Bernard » ? Qu’avais-je donc fait à ce quelconque rejeton pour qu’il m’appelle « Bernard » ? Dieu serait-il en train de me punir de ne plus croire en lui ? Une multitude d’hypothèse traversèrent mon -savant- esprit. Je dis savant parce qu’au vue du choc susnommé subit, j’aimerai quand même contrebalancer en m’auto complimentant. Bref. Ce jeune humain venait subitement de changer mon existence journalière en m’appelant « Bernard ». Il aurait pu dire Nicolas, François, Arnaud voire même Gisèle au lieu de mon humble et joli prénom hébraïque avec lequel mes parents m’avait catholiquement baptisé. Non. Il a fallu qu’il choisisse ce ridicule prénom qu’est « Bernard » que je n’ose écrire qu’entre guillemets –et avec des pincettes et des gants-. Ce misérable individu avait –vainement- tenté de ruiner mon laps temporel en m’insultant. Et bien non je ne me laisserai pas faire. Jamais de ma « whole life » une personne aussi humaine et jeune soit elle ne s’est permis une intrusion aussi violente dans l’échelle des insultes à mon égard. Ne faisait ni une, ni deux, ni trois, ni pi, ni même rien du tout, je me suis –violement- retourné et l’ai fixé dans ses ridicules yeux bleus. Conscient de la peur occasionné par ce geste, j’ai hésité environ un quart de seconde avant de lui lancer ironiquement en guise de vengeance : « Oui Jacques ? ». C’était son vrai nom… Ridicule…

Benjamin Charles

Photographe, réalisateur, consultant social media & content

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