Buzz moi !

Chronique publiée sur Le Transistor

LeTransistor.com débute. Quand on débute on a plusieurs possibilités -d’ailleurs les mêmes possibilités se présentent après 10 ans. On peut par exemple avancer tranquillement à son rythme et on se fait connaître calmement par son talent artistique, mais là ça peut prendre des années avant qu’on soit remarqué, à l’image de Dick Rivers, toujours ignoré du grand public, de la presse et du reste après 45 albums studio, 312 singles, 45 tournées et 4 DVD live. C’est glorieux. C’est beau. C’est risqué. C’est con.

C’est surtout encore plus con depuis qu’en l’an de grâce inconnu -mais qui devait commencer par 200- on a inventé un truc plus sympa pour faire parler de soi : le buzz -les vieux, lisez beuzze, comme beurre mais avec des ‘z’-.

Le buzz c’est ce qu’on appelait avant un coup marketing. Les règles sont les mêmes, c’est à dire en 6 mots : sexe, humour, violence, cul, rigolade, baston.

Côté baston en France on a eu Romain -fils de- Gavras. Ça se défonce la gueule sur du Justice, ça explose du gosse roux sur du MIA -alors que généralement on ne fait que danser sur le MIA- et on double la mise en se disant choqué de la censure. On appellera ça la “méthode Saez” du nom du dictateur d’opinions boutonneuses.

L’humour c’est plus compliqué. Autant un noir qui se fait éclater la gueule sur le trottoir ça fait réagir tout le monde (même les noirs et les nazis), autant une bonne blague de Toto ne fera pas marrer des continents entiers. Quand on pense que Laurel&Hardy ont été remplacés dans les chambres pubères par American Pie, on comprend à quel point le créneau humour est compliqué (et c’est pas mes aléatoires éditos vaseux qui vont contredire cette rhétorique). Mais je m’égare, et pas que du Nord. Tiens, encore un bon exemple de bonne blague qui n’aura pas fait rire tout le monde à commencer par moi. N’est-ce pas là la preuve ultime que l’humour est un terrain risqué ?

Il reste donc le sexe. Le sexe c’est universel. Tout le monde s’imagine connaitre le même kamasutra. Et puis les canons masculins et féminins sont tout bien régis par des chefs indiens publicitaires. Et puis le cul ça a toujours tout régit. Jusqu’au haut-lieu. C’est pas François M. (président) ou Bill C. (pareil) qui vont me contredire.

En se démerdant bien donc, on obtient un buzz. Ou mieux, un scandale. Mais ça s’appelle un buzz aussi. Alors, après de multiples recherches et une analyse fine des tendances du moment -la clé de la véritable scandalisation d’un vrai bon buzz-, j’en suis arrivé à faire haut et fort cette déclaration par écrit :
“Polanski m’a baiser. Poil au nez”.

Benjamin
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Comments (2):

  • J’osais pas le faire le jeu de mots sur MIA, toi si, merci.
    (et je m’égare, et pas que du Nord, je la replacerai à l’occaz)

  • Ah oui mais carrément, qu’on va te buzzer mon petit !
    Rien que pour ton “je m’égare et pas que du Nord” qui est digne de Bernard Menez (oui, oui, tout à fait, c’est menezien !)
    Alors longue vie au transistor, et continue à nous causer dans le poste.

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