Interview de CineMovies.org

Mon interview pour CineMovies.org vient d’être mise en ligne. Vous pouvez la retrouver ici.
Merci à Mister et à Cristaline.
Et le reportage sera bientôt en ligne.

Interview De Mister Pour CineMovies.Org

Il a 21 ans, Il s’appelle Benjamin Lemaire. Il se destinait tout d’abord à l’informatique mais après une première plongée dans le 7ème art, il a décidé de ne plus en sortir. Et après une dizaine de projets (principalement des courts-métrages) dont certains furent récompensés, Benjamin Lemaire s’attaque à la réalisation de Vincent (premier court-métrage et premier chef d’œuvre de Tim Burton.), un projet ambitieux qui lui promet déjà un bel dans la profession.

Alors donc tu as 21 ans ou presque et tu as déjà à ton actif quelques réalisations, comment on en arrive à un si jeune avec une telle filmographie ?
Je ne pense pas être si jeune ni tellement en avance. J’ai juste eu des opportunités à travers mes études de pouvoir réaliser. Par la suite j’ai essayé de creuser comme j’ai pu cette voie. J’ai fait un DUT Services et Réseaux de Communication puis une Licence en Communication par la suite. Et c’est durant mon DUT que j’ai fait mon premier court métrage, en 2003.

Comment s’est passée cette première réalisation ?
D’une manière mémorable ! 5 week-ends de 2 voire 3 jours de tournage, 2 jours de castings, 4 mois de préparation, 1 mois d’écriture, 6 techniciens/réalisateurs/monteurs (tous au même niveau), 4 comédiens pour 8 minutes de film … pas terrible.
Sur le coup on en était très fiers. Maintenant je serais sûrement un peu moins fier mais je pense que le film me ferait rire (d’ailleurs j’aimerais bien le revoir…).

Et donc depuis ce premier court-métrage, tu n’as pas quitté le milieu du cinéma ?
Milieu, qui n’était pas au départ la voie à laquelle tu te destinais

Effectivement à la base je partais vers l’informatique. Puis ce DUT m’a mis sur cette voie que j’ai de suite appréciée. J’ai voulu y rester jusqu’à y intégrer pour la première fois le côté professionnel en avril 2005 avec Jacky Henser.

Et qu’est ce qui t’a tout de suite attirer dans le milieu du cinéma ?
J’avais un peu cette « envie » d’approche du cinéma grâce à quelques connaissances que j’avais avant et je voulais voir plus loin. J’ai toujours aimé l’art mais sans jamais avoir réussi à trouver mon moyen d’expression. Je suis nul en dessin, pas super musicien, lamentable dès qu’il faut utiliser mes mains… Le cinéma c’est la seule pratique artistique qui m’a permit jusqu’ici de m’exprimer visuellement et de montrer ce que je voulais faire et dire.

Et aujourd’hui, es-tu fier de ton parcours ? Dirais-tu que tu as eu de la chance ou que tu étais « destiné » à faire cela ?
Je ne regrette pas ce que j’ai fais mais pour autant je ne pense pas avoir ni l’expérience ni le recul pour juger ce que j’ai fait. Par contre à partir du moment ou j’ai voulu prendre en main le fait d’évoluer dans le milieu du cinéma je pense pouvoir exclure le terme de chance. C’est un travail qui demande beaucoup de temps, de patience et surtout de motivation.

Est-ce que tu comptes te dévouer tout entier ou cinéma ou ne vois-tu cela comme quelque chose d’alternatif ?
Pour le moment je n’ai pas développé d’autre alternative que le cinéma si ce n’est utiliser mes diplômes à bon escient.

Et comment en arrive t-on à 21 ans à travailler sur un projet comme Vincent ?
Vincent n’est pas un aboutissement. D’une part parce que ce n’est qu’un court métrage. Et que secondement c’est un projet personnel et non un projet collectif ou bien un commande.

Et pourquoi avoir choisit de faire Vincent ?
Vincent c’est un court de Tim Burton que j’ai beaucoup aimé à cause de sa multisémentique. A chaque vision on peut en avoir une approche différente. J’aime bien l’univers de Tim mais en même temps son esthétique actuelle n’est pas celle que je recherche. Vincent était un projet idéal car à la fois proche de mes thèmes (l’enfance, la etc.) et qui rentrais aussi dans mon esthétique de l’image.

Pourquoi ne pas s’en être inspiré ? Pourquoi en faire un remake ?
Au départ j’avais eu l’idée de reprendre l’idée. Un enfant qui se prendrait pour une grande star connue et qui se transformerait en lui, mais à aucun moment je n’ai trouvé un comédien aussi charismatique et avec des films aussi marquants que Vincent Price.
Même en m’éloignant de l’univers de Tim il nous (mes scénaristes et moi) était impossible de nous éloigner de Vincent Price. C’est lui qui est l’idée de ce court, tout tourne autour de lui. A partir de là c’était : refaire comment avant ou ne pas refaire.

Comment s’est passé le lancement du projet ? Les producteurs ont-ils tout de suite accroché ? T’ont-ils fait des difficultés ?
Le lancement du projet a été simple mais pas forcément ordonné. Vincent est ma première « grosse » production. Je me suis d’abord entouré de quelques personnes pour travailler sur le design production. Puis ensuite nous avons recherché des financements. Un détail a pris du temps : obtenir des droits d’adaptation de Disney. En effet Disney, actuellement en froid avec Tim, bloque les droits sur les films de Tim qu’ils ont produits.
Trouver un producteur n’a pas été le plus gros problème. Le souci c’est que très peu de producteurs ont l’argent à investir ou le temps d’aller chercher de l’argent pour des courts métrages. Un peu par hasard j’ai rencontrer Jean François Le Moing des Films du Darak avec qui ont s’est entendus sur des façons de faire des démarches et sur des « plans » pour trouver des financements. A m’heure actuelle, le film n’est pas entièrement financé.

Quel discours as-tu tenu pour convaincre de faire Vincent ?
Vincent est un court, et un court métrage aussi gros sois le projet, ne rapporte pas d’argent. Les gens qui veulent travailler avec moi sur ce projet c’est POUR le projet, pas pour moi ou mes arguments. Je n’ai jamais eu besoin de ne convaincre personne.

Comment s’est passée la rencontre avec Tim Burton ?
Par hasard, presque pas prémédité à la première des Noces Funèbres à Paris.

Quel portrait ferais-tu de Burton après l’avoir rencontré ?
Décalé, enfantin, amical, généreux. De plus, il me laisse une totale liberté pour « Vincent »

Tu as en commun des thèmes communs avec lui, tels que la mort ou les enfants, d’où te viennent ces attirances pour ces thèmes ?
L’enfance parce qu’on est tous passé par là, la mort parce qu’on y viendra tous !

N’y a t-il pas quelque chose de plus particulier qui t’attire en eux ?
L’enfance c’est doux c’est beau et c’est simple. C’est quelque chose d’à la fois pure de par la vision que l’adulte peut en avoir mais en même temps l’adulte oublie qu’il était lui aussi un enfant et que les émotions et les idées qu’il a maintenant viennent de cette période. Les enfants ont des ressentis proches de ceux des adultes. Seules leurs préoccupations divergent. Ce que les adultes appellent l’immaturité.

La spontanéité de l’enfant t’attire ? Le côté pur de l’enfant ?
Spontanéité oui. Pour moi l’adulte n’est qu’une version agrandie et conditionnée d’un enfant. Il agit selon des règles et des obligations que société et son entourage lui a inculqué. L’enfant a un rapport beaucoup plus sain avec les choses. En dehors du fait qu’il écoute et se fie aux idées de ses parents il se fie principalement à son ressenti et à ses opinions.

Voudrais-tu rappeler aux gens que eux aussi ont été des enfants et qu’ils devraient en prendre exemple ?
Non. Ce que sont les adultes ne m’intéresse pas particulièrement. Chacun est ce qu’il devient parce qu’il le veut. Par contre ne pas laisser un enfant s’épanouir ou guider un enfant vers des sentiers qu’il ne veut pas ça c’est dangereux.

Alors pourrait-on dire que tes courts-métrages se destineraient aux enfants ?
Une façon de leur dire tout l’amour que tu leur portes ?

Non, je ne pense pas faire des films pour enfants mais bien pour adulte. Je montre des situations d’enfant ou à travers des yeux enfants mais pour des adultes. C’et ce regard d’enfant que je veux montrer à l’adulte par l’inverse.

Dirais-tu qu’au fond de toi, tu es encore un enfant ?
Ah oui, sûrement

Le thème de la mort n’est-il pas un peu paradoxal avec celui de l’enfance ?
Non, les enfants ont une approche beaucoup plus saine de la vie et de la mort que les adultes. Quand quelqu’un est mort, il est mort et voila. Maurice Barthélemy en a d’ailleurs fait un superbe film, Papa.

Oui mais cette approche ne vient-elle pas de la naïveté des enfants ?
Non, elle vient des conceptions des sociétés occidentales. Dans bons nombres de pays africains la mort n’est pas une chose triste. C’est la société qui fait dire aux enfants quand ils arrivent à la pré adolescence que mourir c’est triste.

Donc pour toi, le fait que l’on perçoive la mort comme était quelque chose d’affreusement triste ne vient pas de la maturité que nous apporte l’ adulte ?
Non, bien au contraire.

N’as-tu pas le sentiment que de nos jours, l’enfant est trop protégé, trop cajolé ?
Ca viens tout simplement de l’enfant roi de années 90, se couples qui misaient tout leur vie sur leurs enfants. C’est encore beaucoup le cas en ce moment. En même je n’ai pas d’enfant je ne me rends pas compte. Et ayant beaucoup travaillé avec des enfants en difficultés je n’ai pas tout à fait la même visions.

Rencontre-tu des problèmes d’ordres artistiques sur Vincent ?
Non je suis très bien entouré. C’est long mais c’est une étape importante.

Combien de personnes travaillent avec toi sur le projet ?
Une dizaine pour le moment. Au totale il y aura eu plus de quarante personne que le projet quand le film sera fini.

Et pour finir quand devrait-il être fini ?
Surprise !

Ne peut-on pas avoir une date approximative ?
Début 2007

Benjamin Charles

Photographe, réalisateur, consultant social media & content

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