Oxymore Quand Tu Nous Tiens…

Depuis quelques temps un terme est redevenu à la mode : discrimination positive (notée D.P. dans l’article, notez je vais pas le répéter). Dans cette expression nous (je dis « nous » parce que malheureusement nous sommes tous obligés de subir ça) : discrimination et positive.

Socialement, la discrimination consiste à distinguer un groupe de personne ayant un point commun (les supporters de foot, les mecs qui regardent « Plus Belle La Vie » et ça peut aller jusqu’aux vieux ou encore des coiffeuses qui peuvent pas s’empêcher de raconter leur/votre vie pendant qu’elles travaillent…) et de leur appliquer un traitement spécifique sans lien objectif avec ce qui les distingue. Par exemple offrir un Larousse aux supporters, un cerveau aux blondes ou ce genre de choses incongrues.

Passons à « positive ». Même si « Avec Carrouf je positive ! », il semble bien que ce mot laisse à désirer dans le contexte sémantique actuel. « Positive » est en réalité le féminin de « positif », accordé en genre puisqu’il est qualificatif de discrimination. L’adjectif « ce qui est certain, le concret ». Nous v’là bien. Globalement, nous pouvons en conclure que c’est une discrimination qui va dans le bon sens. Cette ineptie n’est autre que l’invention (encore un homme à l’ de rose forcément) qui n’a pas fait que dire des conneries, il en a aussi fait voté. Depuis, le « politicaly correct » des bons français (star) académiciens tente de nous faire changer cette expression en « égalité des chances » ou en « action positive », vulgaire traduction de l’anglophone sentence « affirmative action ».

Maintenant, faisons la pratique et rigolons un peu. Prenons le marché de l’emploi (dont le débat de la D.P. a été relancé lors des « émeuuutes de fin 2005). Donc le constat est simple : quand on est un peu bronzé et qu’on sort d’une cité on trouve pas de travail (du moins pas à des salaires qui rapportent plus que le deal. Bah oui, on va pas changer de boulot pour bosser plus et gagner moins quand même…). Si peu qu’on n’a pas de diplôme c’est encore pire. Alors on nous parle de quotas pour l’égalité des chances. Alors certes, faisons pratiquons.

A partir de cet instant je deviens PDG de la BL & Cie (PDG parce que c’est moi qui vient de la créer alors m’emmerdez pas, mais pas trop trop payer pour pas nuire aux employés qui travaillent et pas moi…). Je dois embaucher 20 personnes. Parités oblige, je prends 10 femmes que je ne vais pas recruter moi-même sinon on va m’accuser d’harcèlement sexuel (mais qui auront les MÊMES caractéristiques physiques, ethniques, colorimétriques et tous les trucs en –iques que les hommes). Donc pour commencer il faut des noirs. Bah oui, un noir ça fait de la pub. On en fout un sur TF1 à 20H, et hop là, « tout le monde en parle » comme (oops, ça c’est France 2) si c’était une révolution mondiale. Donc, je prends une personne noire. Bien entendu je prends une personne qui vient d’une cité dite difficile, un « arabe » comme un dit, puisque bien entendu il n’y a que des « arabes » dans les cités (vous regardez pas la télé ou quoi ?). Ensuite, ça serait bien de prendre un juif. Bah ouais, faut pas déconner, je vois pas pourquoi pas un juif ? Bon, allons-y… Mais dans tout ça, il ne faut pas non plus oublié de prendre un handi… Pardon, une personne invalide (notez que l’on ne dit pas handicapé (personne affublée d’un handicap) mais invalide (personne qui n’a pas passé le test de validité pour être intégré à la société normale)). Poussons plus loin : la loi m’oblige à prendre 6% de personnes invalides dans mon effectif, soit 1,2 personnes invalides… Bon, alors là, le recrutement va commencer à être complexe pour trouver deux invalides valent 1,2 (peut-être en n’ayant pas de bras ou de jambes que ça compte moins…). Il me reste donc 5,6 postes à pouvoir. Pour le « ,6 », je vais être obligé de prendre un stagiaire, en espérant qu’il ne soit pas encore pousser par les pseudo syndicats étudiants populo gauchistes à faire une grève de plusieurs mois. Ensuite je vais devoir donner un poste à un jeune diplômé tout juste pondu par une école type « simileurolané » (par « jeune diplômé » on entend « petit branleur qui sait rien faire mais qui sait tout »). Enfin, je vais devoir donner un poste à un CLD, un chômeur de longue durée qui va venir « travailler » (synonyme : pointer) quelques mois, le temps de faire ses heures et de pouvoir retoucher son chômage (on va quand même pas bosser alors qu’on être payé à ne rien foutre quand même !). Je donne le prochain, et avant-dernier, poste à mon cousin, et le dernier au mari du copain de ma belle-sœur qui connaissait un ancien associé d’un client.

Quel beau pays qu’est le France ? On se demande de quoi on se plaint. Finalement, tout le monde a eu sa part, dommage que le CPE n’ai pas permis de créer de futurs vrais emplois… Avec la discrimination positive c’est la fin de l’A.N.P.E. ! A quand la xénophobie positive ?

Benjamin Charles

Photographe, réalisateur, consultant social media & content

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